A Saintes (17100), le samedi 19 septembre 2015 : l'association "Les
Joyeux Jacobins" célèbre l'anniversaire de la Première République.
La
conférence-débat de M. Yannick Bosc "Robespierre et la gauche, entre
adulation et détestation" est annoncée dans les Nouvelles de Saintonge. Toutes les informations utiles sont aussi disponibles sur notre bloc-notes en ligne, par ce lien http://lesjoyeuxjacobins.blogspot.fr/2015/07/cinquiemes-sans-culottides-de-saintonge.html
Retrouvez l'article des Nouvelles de Saintonge :
Nicole Bertin Infos: Conférence à Saintes : Robespierre et la gauche, entre adulation et détestation...
Ce bloc-notes en ligne a pour but de rappeler les principes du jacobinisme, de faire connaître les Jacobins de Saintonge et d'ailleurs, de mettre à disposition des extraits d'œuvres "jacobines" et de faire connaître les actions de l'association "Les Joyeux Jacobins" (Association loi 1901 - 17100 Saintes - promotion et illustration des valeurs républicaines et du jacobinisme)
mardi 15 septembre 2015
dimanche 26 juillet 2015
Cinquièmes Sans-Culottides de Saintonge - 19 septembre 2015
Cinquièmes Sans-Culottides de Saintonge
le samedi 19 septembre 2015
le samedi 19 septembre 2015
=> 13h, salle de La Récluse (place de la Commune 1871) : buffet républicain (sur réservation et P.A.F.*) (*P.A.F. = Participation aux frais)
Pour l'inscription au buffet, veuillez utiliser le bulletin de réservation en cliquant sur l'image ci-dessous pour le télécharger à partir de notre site internet lesjoyeuxjacobins.voila.net ; le lien proposé en permet le téléchargement direct à partir de ce blog, mais vous pouvez aussi vous rendre sur notre site pour le télécharger).
=> 15h, Auditorium, salle Saintonge (rue Fernand Chapsal) : conférence-débat (entrée libre)
Monsieur Yannick BOSC,
(maître de conférences à l'Université de Rouen,
(maître de conférences à l'Université de Rouen,
co-auteur de Robespierre. La fabrication d'un mythe, Paris, Ellipses, 2013)
"Robespierre et la gauche : entre adulation et détestation"
« Générer
un discours sur Robespierre, qu'il soit positif ou négatif, induit un
discours sur la Révolution française et au-delà sur l'idée de
révolution. S'il
existe une « légende dorée » de l'Incorruptible, c'est avant tout la
« légende noire » qui jusqu'à aujourd'hui sature l'espace public. Elle
est élaborée de son vivant par la presse satirique royaliste, puis par
la girondine et se fixe au cours du moment thermidorien. Sans surprise,
cette légende noire est portée depuis deux siècles par les traditions
anti-révolutionnaires, conservatrices et libérales, mais aussi par une
partie de la gauche, qu'elle soit républicaine ou socialiste. Il s'agira
de rendre compte de cette relation complexe qu'entretient encore la
gauche avec Robespierre, et de la mettre en perspective avec une pensée
républicaine, montagnarde et révolutionnaire dont on redécouvre depuis
peu l'actualité. »
vendredi 12 juin 2015
Conférence-débat : "Robespierre et la gauche : entre adulation et détestation"
Le samedi 19 septembre 2015, à Saintes (17100)
L’association « les Joyeux Jacobins » propose
dans le cadre des Vèmes Sans-Culottides de Saintonge
=> à 15h, Auditorium, salle Saintonge : conférence-débat (entrée libre) - (Auditorium, rue Fernand Chapsal) - (horaire et lieu prévisionnels, sous réserve de confirmation)
par Monsieur Yannick Bosc (maître de conférences à l'Université de Rouen, co-auteur de Robespierre. La fabrication d'un mythe, Paris, Ellipses, 2013)
"Robespierre et la gauche : entre adulation et détestation"
Générer un discours sur
Robespierre, qu'il soit positif ou négatif, induit un discours
sur la Révolution française et au-delà sur l'idée de révolution.
S'il existe une « légende dorée » de l'Incorruptible,
c'est avant tout la « légende noire » qui jusqu'à aujourd'hui
sature l'espace public. Elle est élaborée de son vivant par la
presse satirique royaliste, puis par la girondine et se fixe au
cours du moment thermidorien. Sans surprise, cette légende noire
est portée depuis deux siècles par les traditions
anti-révolutionnaires, conservatrices et libérales, mais aussi
par une partie de la gauche, qu'elle soit républicaine ou
socialiste. Il s'agira de rendre compte de cette relation
complexe qu'entretient encore la gauche avec Robespierre, et de
la mettre en perspective avec une pensée républicaine,
montagnarde et révolutionnaire dont on redécouvre depuis peu
l'actualité.
Ce lien vers la conclusion de l'ouvrage de MM. Yannick Bosc et Marc Belissa (Robespierre. La fabrication d'un mythe, Paris, Ellipses, 2013), disponible sur le site http://revolution-francaise.net, donne une idée des usages actuels de Robespierre (mis en perspective dans le temps long) et des enjeux pour aujourd'hui.
dimanche 21 septembre 2014
Echanges et débats autour de la pensée jaurésienne
Les rapports du socialisme avec la Révolution française et la
République, dans la pensée jaurésienne, ont été développés avec
érudition et conviction par Madame Danièle Pingué, lors de sa conférence
"Jean Jaurès et la Révolution française", tenue ce samedi 20 septembre
2014 à Saintes. Le public saintais - et, plus largement, maritime - a
activement participé aux temps d'échanges et de débat.
Merci à tous les participants, et à Madame Danièle Pingué, pour la réussite de cette belle conférence.
samedi 13 septembre 2014
Une conférence-débat pour l'anniversaire de la Première République : "Jean Jaurès et la Révolution française" - 20 septembre 2014
„Les Joyeux Jacobins“ (association loi 1901) - Communiqué de presse du 11 septembre 2014
Une conférence-débat pour l'anniversaire de la Première République :
"Jean Jaurès et la Révolution française"
"Jean Jaurès et la Révolution française"
Chaque année
l'association „Les Joyeux Jacobins“, sise à Saintes, célèbre
l'anniversaire de la Première République. Nous avons ainsi eu le plaisir
d'accueillir, pour nos conférences tenues à cette occasion, en 2011
Madame Anne Jollet (Maître de conférences à l'Université de Poitiers),
en 2012 Monsieur Jean-Numa Ducange (Maître de conférences à l'Université
de Rouen), et l'année dernière, Madame Cécile Obligi (conservatrice à
la Bibliothèque nationale de France).
Cette année, à l'occasion de
l'anniversaire 2014 de la Première République, l'association „Les
Joyeux Jacobins“ propose une conférence-débat de Madame Danièle Pingué,
Maître de conférences honoraire à l'Université de Franche-Comté : "Jean
Jaurès et la Révolution française". La conférence-débat se tient le
Samedi 20 Septembre 2014 à 15h00, à l'Auditorium Salle Saintonge (rue
Fernand Chapsal, 17100 Saintes). L'entrée est libre.
Présentation
de la conférence de Madame Danièle Pingué, "Jean Jaurès et la Révolution
française" : "En retraçant le parcours du grand tribun, l’exposé
s’attachera à montrer la place qu’y tint la Révolution française.
Celle-ci fut pour Jaurès une source constante de réflexion, en
particulier sur les rapports entre démocratie et socialisme.
L’importance qu’il lui accordait se concrétisa par la rédaction de ce
qui allait devenir L’histoire socialiste de la Révolution française et
la création au sein du comité des travaux historiques et scientifiques
de la « commission Jaurès », destinée à impulser les recherches de
terrain sur la période, qui fonctionne encore aujourd’hui."
Les informations sont disponibles sur notre site internet (http://lesjoyeuxjacobins.voila.net) et les renseignements à prendre au 06 46 24 73 19.
Contacts :
Serge MAUPOUET, Président de l'association „Les Joyeux Jacobins“
Téléphone : 06 46 24 73 19
dimanche 4 mai 2014
conférence - Jean Jaurès et la Révolution française
A l'occasion de l'anniversaire 2014 de la Première République,
l'association "Les Joyeux Jacobins" propose
une conférence-débat de
Madame Danièle Pingué
Maître de conférences honoraire à l'Université de Franche-Comté
Samedi 20 Septembre 2014 à 15h00
Auditorium Salle Saintonge - (rue Fernand Chapsal, 17100 SAINTES)
Entrée libre - Renseignements : 06 46 24 73 19
"Jean Jaurès
et la Révolution française"
"En
retraçant le parcours du grand tribun, l’exposé s’attachera à montrer
la place qu’y tint la Révolution française. Celle-ci fut pour Jaurès une
source constante de réflexion, en particulier sur les rapports entre
démocratie et socialisme. L’importance qu’il lui accordait se concrétisa
par la rédaction de ce qui allait devenir « L’histoire socialiste de la
Révolution française » et la création au sein du comité des travaux
historiques et scientifiques de la « commission Jaurès », destinée à
impulser les recherches de terrain sur la période, qui fonctionne encore
aujourd’hui."
mardi 27 août 2013
IVemes Sans-Culottides de Saintonge - 21 septembre 2013
Le samedi 21 septembre 2013, à Saintes (17100)
L’association « les Joyeux Jacobins » fête
l’anniversaire de la Première République
(22 septembre 1792).
=> 15h, Auditorium, salle Saintonge : conférence (entrée libre)
(Auditorium, rue Fernand Chapsal)Madame Cécile Obligi, conservatrice à la Bibliothèque nationale de France, autour de son livre Robespierre. La probité révoltante
« Cécile Obligi a choisi de donner la parole au principal intéressé : Robespierre lui-même. Elle nous fait ainsi découvrir ou redécouvrir un orateur de grande classe et un penseur politique important. »=> 17h15, Auditorium, salle Saintonge : projection de film (entrée libre)
(Auditorium, rue Fernand Chapsal) – projection non commercialeUn film de François Hanss, La Séparation. 1905, loi de séparation des Eglises et de l'Etat (production Ligue de l’enseignement, LCP, Grenade Productions)
« 1905 : à la Chambre des députés s'ouvre un débat qui est aussi un combat. A travers une discussion pleine de rebondissements, s'élabore une loi fondatrice qui demeure d'une brûlante actualité. »En présence de M. Dadou Kehl, Secrétaire général de la Ligue de l'enseignement de Charente-Maritime, qui exposera les raisons d'être du film.
=> 20h, salle de La Récluse : buffet républicain (sur réservation et P.A.F.*)
(salle de la Récluse, place de la Commune 1871)Merci d'utiliser le coupon de réservation ci-dessous (document pdf à télécharger).
*P.A.F. = participation aux frais
vendredi 29 juin 2012
Conférence "Jacobinisme et communisme" - 22 septembre 2012
A l'occasion de l'anniversaire 2012 de la Première République,
l'association "Les Joyeux Jacobins" propose
une conférence-débat de
M. Jean-Numa Ducange
Maître de conférences en histoire contemporaine
- Université de Rouen
Samedi 22 Septembre 2012 à 15h00
- salle Saintonge n° 5
(rue Fernand Chapsal, 17100 SAINTES)
(rue Fernand Chapsal, 17100 SAINTES)
Entrée libre
Renseignements : 06 46 24 73 19
"Jacobinisme et communisme"
Les communistes sont-ils les héritiers des Jacobins ?
Les communistes sont-ils les héritiers des Jacobins ?
"Les
communistes sont-ils les héritiers des Jacobins ? Il existe des liens
historiques importants depuis les premiers groupes se revendiquant
communistes dans les années 1820 jusqu’au vingtième siècle, par exemple
lorsque le PCF s’approprie un certain héritage jacobin à partir du Front
Populaire.
Mais
les rapports sont plus complexes qu’il n’y paraît et des révolutions de
1848 à celle de 1917 en Russie, ceux qui vont se revendiquer du
communisme vont parfois adopter une distance critique à l’égard des
Jacobins, renvoyés à un héritage qu’il convient désormais de dépasser,
car considéré comme trop limité au niveau politique et social. Surtout
les acteurs, selon les événements et les périodes n’ont pas la même
définition du “jacobinisme”, rendant indispensable de revenir sur les
définitions successives qu’a recouvert ce terme.
C’est
cette histoire complexe, qui traverse des décennies d’histoire, que la
conférence présentera afin de tenter de mieux cerner une des facettes
décisives de l’héritage des Jacobins dans la vie politique française."
mardi 7 juin 2011
3emes Sans-Culottides de Saintonge - 24 septembre 2011
Troisièmes Sans-Culottides de Saintonge
L’association « les Joyeux Jacobins »
fête l’anniversaire de la Première République,
Le Samedi 24 septembre 2011, à Saintes
– 15h, salle de La Récluse : conférence (entrée libre)
Madame Anne Jollet, enseignante à l'Université de Poitiers,
"Qu'est-ce le jacobinisme des hommes de la Révolution française ?"
– 17h, Auditorium, salle Saintonge : séance cinématographique (paf 3€, ouvert à tous, rdv sur place) - vidéoprojection à partir d'un dvd
Un chef d’œuvre de Renoir, La Marseillaise (1938)
– 20h, salle de La Récluse : buffet républicain (sur réservation + paf, nous contacter)
plats à dénomination « XVIIe- XVIIIe siècles » ou « républicaine », lectures, chants républicains / révolutionnaires, quizz, etc.
Tél : 05 46 93 91 75 - 06 46 24 73 19
samedi 2 octobre 2010
Une heure pour la République - "le jacobinisme de la Révolution française, un projet résolument moderne ?" - 2 octobre 2010
A l'occasion du 218e anniversaire de la Première République
l'association culturelle Les Joyeux Jacobins
vous propose de participer à Une heure pour la République
le samedi 2 octobre 2010 à 16h
Conférence-débat : "le jacobinisme de la Révolution française,
un projet résolument moderne ?"
un projet résolument moderne ?"
salle Saintonge n°3, rue Fernand Chapsal (17100 Saintes)
Entrée libre
dimanche 27 septembre 2009
Une soirée républicaine réussie !
Sur son site, la chorale populaire de Paris a pu écrire, à propos de notre soirée républicaine du 19 septembre :
"Soirée
républicaine, culturelle et festive, à l’occasion des Secondes
Sans-Culottides de Saintonge. Pour le 217ème anniversaire de la Première
République, l’association des Joyeux Jacobins avait invité la Chorale
Populaire de Paris à se produire et à partager un banquet républicain.
Les choristes ont donc fait le déplacement, se groupant dans leurs
voitures et, après une petite répétition sur place, ont donné un
programme varié, sur le thème Révoltes et Révolutions. Les Canuts, Lou
Bouyé, Gloire au 17ème, La Carmagnole, La Semaine Sanglante, Peuple,
Eveille-Toi, notamment, ont été écouté avec grand intérêt par les
participants. Durant le banquet, très convivial, choristes et Joyeux
Jacobins ont entonné en choeur Le Chant du Départ, La Marseillaise,
L’Internationale..."
Une soirée républicaine réussie ! Merci à la chorale d'avoir rendu cet événement possible ! Merci à nos joyeux convives, venus nombreux, et parfois de très loin (Paris, La Couronne, Châtellerault), ou de tous points de notre département (La Rochelle, Surgères, Jonzac). Merci à tous ceux qui nous ont aidé.
Vive le jacobinisme ! Vive la République !
Le Président des Joyeux Jacobins
Serge Maupouet
![]() | |||
|
lundi 31 août 2009
Le 19 septembre 2009, ça se passe à Saintes !
A l’occasion de l’anniversaire de la Première République.
L’association culturelle Les Joyeux Jacobins
vous propose ses Secondes Sans-Culottides de Saintonge
Le 19 septembre 2009
Salle de La Récluse, place de la Commune 1871 (17100 SAINTES)
A 14h – conférence-débat République, droit du travail et démocratie collective,
animée par M. Alain GIRARD – entrée libre
animée par M. Alain GIRARD – entrée libre
A 15h15 – conférence-débat La République et les femmes, animée par Mme Lolita CORROY-URDIALES – entrée libre
A
partir de 19h – A l'occasion d'un Buffet républicain, les Joyeux
Jacobins accueilleront une délégation de la Chorale populaire de Paris,
qui proposera des chants liés à la thématique Révoltes et Révolutions.
Réservation obligatoire et PAF.
Contact téléphonique : 05 46 93 91 75
Contact courriel : lesjoyeuxjacobins@laposte.net
Contact courriel : Les Joyeux Jacobins, 75, rue de l'Epineuil, 17100 Saintes
Réservation obligatoire et PAF.
Contact téléphonique : 05 46 93 91 75
Contact courriel : lesjoyeuxjacobins@laposte.net
Contact courriel : Les Joyeux Jacobins, 75, rue de l'Epineuil, 17100 Saintes
jeudi 18 juin 2009
conférence-débat - Les Lumières et la Liberté - 13 juin 2009
Conférence-débat
Le samedi 13 juin 2009 - 15 h.
Salle Saintonge n°1 (rue Fernand Chapsal) - 17100 Saintes
Conférence-débat : Les Lumières et la Liberté
Entrée libre
Le samedi 13 juin 2009 - 15 h.
Salle Saintonge n°1 (rue Fernand Chapsal) - 17100 Saintes
Conférence-débat : Les Lumières et la Liberté
Entrée libre
Nous avons débattu des liens entre la Liberté et Les Lumières,
lu des extraits de textes de Voltaire et Montesquieu, puis évoqué la figure de Condorcet.
samedi 11 octobre 2008
Une heure pour la République - 18 octobre 2008 - La Première République
Le Samedi 18 octobre, à 18h, salle Jean Renoir, Maison des Associations, à Saintes.
Une heure pour la République
Les Joyeux Jacobins vous proposent le verre de l'amitié
Nous évoquerons ensemble la première République : pourquoi ? comment ? ses symboles, sa postérité.
Entrée libre.
Merci d'annoncer, si possible, votre venue par courriel ou téléphone.
Une heure pour la République
Les Joyeux Jacobins vous proposent le verre de l'amitié
Nous évoquerons ensemble la première République : pourquoi ? comment ? ses symboles, sa postérité.
Entrée libre.
Merci d'annoncer, si possible, votre venue par courriel ou téléphone.
samedi 17 mai 2008
Aux sources de la laïcité - 24 mai 2008
Le Samedi 24 mai 2008,
à 15h, salle Saintonge n°1, à Saintes.
AUX SOURCES DE LA LAICITE
AUX SOURCES DE LA LAICITE
Présentation des pères de la laïcité : Condorcet, Gambetta, Aristide Briand, Emile Combes, Jean Jaurès ... et lecture d'extraits de leurs œuvres.
Débat : la laïcité en 2008
Entrée libre.
Renseignements : lesjoyeuxjacobins@laposte.net
mardi 11 décembre 2007
Condorcet, Instruction publique, laïcité - une approche
Dans la foulée du 102e anniversaire de la loi de 1905, le blog action républicaine nous propose de découvrir ou de redécouvrir quelques uns des grands textes et discours laïques de référence, son choix du 9 décembre concerne Condorcet et sa conception de l'Instruction publique.
Condorcet demeure une figure de proue de notre conception de la République laïque et ses réflexions sur l'Instruction publique sont passionnantes et d'une terrible actualité. [On peut d'une part consulter une fiche biographique de Condorcet : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/7ed.asp] et aussi approcher l'originalité de la pensée de Condorcet sur l'école républicaine par cet article: http://revolution-francaise.net/2007/03/08/113-condorcet-instruction-publique-cite]
* Mémoire sur la nécessité de l'instruction publique (1791-1792) :
(Extraits)
"Il faut que l’instruction du peuple puisse suivre les progrès des arts et ceux des lumières générales... Une égalité entière entre les esprits est une chimère. Mais, si l’instruction publique est générale... alors cette inégalité est faite en faveur de l’espèce humaine qui profite des travaux des hommes de génie. Si, au contraire, cette instruction est nulle, faible, mal dirigée, alors l’inégalité n’existe plus qu’en faveur des charlatans de tous les genres, qui cherchent à tromper les hommes sur tous leurs intérêts.
Plus vous voulez que les hommes exercent eux-mêmes une portion plus étendue de leurs droits, plus vous voulez, pour éloigner toute emprise du petit nombre, qu’une masse plus grande de citoyens puisse remplir un plus grand nombre de fonctions, plus aussi vous devez chercher à étendre l’instruction.
L’instruction n’est pas moins nécessaire pour garantir la conscience des pièges du sacerdoce. La morale primitive de toutes les religions a aussi été très simple, assez conforme à la morale naturelle, mais aussi, dans toutes les religions, les prêtres en ont fait un instrument de leur ambition. Ce serait donc trahir le peuple que de ne pas lui donner une instruction morale indépendante de toute religion particulière, un sûr préservatif contre ce danger qui menace sa liberté et son bonheur."
*Premier Mémoire sur l'instruction publique (1791-1792) :
(Extraits)
"Pas de doctrine officielle
On a dit que l’enseignement de la constitution de chaque pays devait y faire partie de l’instruction nationale. Cela est vrai, sans doute, si on en parle comme d’un fait ; si on se contente de l’expliquer et de la développer ; si, en l’enseignant, on se borne à dire : Telle est la constitution établie dans l’Etat et à laquelle tous les citoyens doivent se soumettre. Mais si on entend qu’il faut l’enseigner comme une doctrine conforme aux principes de la raison universelle, ou exciter en sa faveur un aveugle enthousiasme qui rende les citoyens incapables de la juger, si on leur dit : Voilà ce que vous devez adorer et croire, alors c’est une espèce de religion politique que l’on veut créer ; c’est une chaîne que l’on prépare aux esprits, et on viole la liberté dans ses droits les plus sacrés, sous prétexte d’apprendre à la chérir. Le but de l’instruction n’est pas de faire admirer aux hommes une législation toute faite, mais de les rendre capables de l’apprécier et de la corriger. Il ne s’agit pas de soumettre chaque génération aux opinions comme à la volonté de celle qui la précède, mais de les éclairer de plus en plus, afin que chacune devienne de plus en plus digne de se gouverner par sa propre raison.
Il est possible que la constitution d’un pays renferme des lois absolument contraires au bon sens ou à la justice, lois qui aient échappé aux législateurs dans des moments de trouble, qui leur aient été arrachées par l’influence d’un orateur ou d’un parti, par l’impulsion d’une effervescence populaire ; qui enfin leur aient été inspirée, les unes par la corruption, les autres par de fausses vues d’une utilité locale et passagère : il peut arriver, il arrivera même souvent qu’en donnant ces lois, leurs auteurs n’aient pas senti en quoi elles contrariaient les principes de la raison, ou qu’ils n’aient pas voulu abandonner ces principes, mais seulement en suspendre, pour un moment, l’application. Il serait donc absurde d’enseigner les lois établies autrement que comme la volonté actuelle de la puissance publique à laquelle on est obligé de se soumettre, sans quoi on s’exposerait même au ridicule de faire enseigner, comme vrais, des principes contradictoires."
* Rapport sur l'instruction publique présenté à l'Assemblée législative (20 et 21 avril 1792) :
(Extraits)
"Les grands principes de l’instruction publique.
Offrir à tous les individus de l’espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d’assurer leur bien-être, de connaître et d’exercer leurs droits, d’entendre et de remplir leurs devoirs Assurer à chacun la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a le droit d’être appelé, de développer toute l’étendue des talents qu’il a reçus de la nature ; et par-là, établir entre les citoyens une égalité de fait et rendre réelle l’égalité politique reconnue par la loi. Tel doit être le premier but d’une instruction nationale et, sous ce point de vue elle est, pour la puissance publique, un devoir de justice.
Diriger l’enseignement de manière que la perfection des arts augmente les jouissances de la généralité des citoyens et l’aisance de ceux qui les cultivent, qu’un plus grand nombre d’hommes deviennent capables de bien remplir les fonctions nécessaires à la société et que les progrès toujours croissants des lumières ouvrent une source inépuisable de secours dans nos besoins, de remèdes dans nos maux, de moyens de bonheur individuel et de prospérité commune.
Cultiver enfin dans chaque génération les facultés physiques, intellectuelles et morales, et par là contribuer à ce perfectionnement général et graduel de l’espèce humaine, dernier but vers lequel toute institution sociale doit être dirigée.
Tel doit être l’objet de l’instruction, et c’est pour la puissance publique un devoir imposé par l’intérêt commun de la société, par celui de l’humanité entière...
... Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à la raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auraient été brisées, en vain ces opinions de commande seraient d’utiles vérités le genre humain n’en resterait pas moins partagé en deux classes celle des hommes qui raisonnent, et celle des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves...
Morale laïque.
... Les principes de la morale enseignés dans les écoles et dans les instituts seront ceux qui, fondés sur nos sentiments naturels et sur la raison, appartiennent également à tous les hommes. La Constitution, en reconnaissant le droit qu’a chaque individu de choisir son culte, en établissant une entière égalité entre tous les habitants de la France, ne permet point d’admettre, dans l’instruction publique, un enseignement, qui, en repoussant les enfants d’une partie des citoyens, détruirait l’égalité des avantages sociaux et donnerait à des dogmes particuliers un avantage contraire à la liberté des opinions. Il était donc rigoureusement nécessaire de séparer de la morale les principes de toute religion particulière, et de n’admettre dans l’instruction publique l’enseignement d’aucun culte religieux.
Chacun d’eux doit être enseigné dans les temples par ses propres ministres. Les parents, quelle que soit leur opinion sur la nécessité de telle ou telle religion, pourront alors, sans répugnance envoyer leurs enfants dans les établissements nationaux ; et la puissance publique n’aura point usurpé sur les droits de la conscience sous prétexte de l’éclairer et de la conduire.
D’ailleurs, combien n’est-il pas important de fonder la morale sur les seuls principes de la raison ! Quelque changement que subissent les opinions d’un homme dans le cours de sa vie, les principes établis sur cette base, resteront toujours également vrais, ils seront toujours invariables comme elle ; il les opposera aux tentatives que l’on pourrait faire pour égarer sa conscience, elle, conservera son indépendance et sa rectitude. et on ne verra plus ce spectacle si affligeant d’hommes qui s’imaginent remplir leurs devoirs en violant les droits les plus sacrés et obéir à Dieu en trahissant leur patrie. Ceux qui croient encore à la nécessité d’appuyer la morale sur une religion particulière doivent eux ?mêmes approuver cette séparation : car, sans doute ce n’est pas la vérité des principes de la morale qu’ils font dépendre de leurs dogmes ; ils pensent seulement que les hommes y trouvent des motifs plus puissants d’être justes ; et ces motifs n’acquerront ?ils pas une force plus grande sur tout esprit capable de réfléchir s’ils ne sont employés qu’à fortifier ce que la raison et le sentiment intérieur ont déjà commandé ?
Dira-t-on que l’idée de cette séparation s’élève trop au-dessus lumières actuelles au peuple ? Non, sans doute, car, puisqu’il s’agit ici d’instruction publique, tolérer une erreur, ce serait s’en rendre complice, ne pas consacrer hautement la vérité, ce serait la trahir. Et quand bien même il serait vrai que des ménagements politiques puissent encore, pendant quelque temps, souiller les lois d’une nation libre, quand cette doctrine insidieuse ou faible trouverait une excuse dans la stupidité qu’on se plaît à supposer dans le peuple, pour avoir un prétexte de le tromper ou de l’opprimer, du moins l’instruction qui doit amener le temps où ces ménagements seront inutiles, ne peut appartenir qu’à la vérité seule et doit lui appartenir tout entière."
dimanche 4 novembre 2007
Olympe de Gouges : anniversaire - soirée-lecture du 14 décembre 2007
C'est le 3 novembre 1793 qu'Olympe de Gouges a été guillotinée. Nous en parlerons lors de la soirée "lectures" du 14 décembre.
[A l'occasion du transfert de cet article sur notre nouveau bloc-notes, nous précisions qu'une fiche lui est consacrée sur le site revolution-française.net : http://revolution-francaise.net/editions/Galerie%2075%20Rouen%20Olympe%20de%20Gouges.pdf]
[A l'occasion du transfert de cet article sur notre nouveau bloc-notes, nous précisions qu'une fiche lui est consacrée sur le site revolution-française.net : http://revolution-francaise.net/editions/Galerie%2075%20Rouen%20Olympe%20de%20Gouges.pdf]
mardi 2 octobre 2007
Premières Sans-Culottides de Saintonge - 21 septembre 2007
Elles ont eu lieu le 21 septembre. Les dix-huit jacobins présents au buffet républicain ont aussi bien chanté et parlé du jacobinisme, évidemment, avant de faire une ronde autour de l'arbre de la liberté.
mercredi 5 septembre 2007
4 septembre 1870 : proclamation de la IIIe République
De nombreuses rues en France portent le nom du « Quatre Septembre ».
Peu de citoyens connaissent la signification de cette date, qui est pourtant la naissance d'une République qui a tant accompli, des conquêtes laïques des Ferry et Briand aux conquêtes sociales du Front Populaire, en passant par l'affirmation des libertés individuelles.
Le 4 septembre 1870, suite à la diffusion, la veille, de l'annonce de la capture de Napoléon III par les Prussiens à Sedan, une foule de Parisiens envahit le Palais-Bourbon - siège du Corps Législatif - en criant "Vive la République !". Gambetta y proclame la déchéance de Napoléon III et de l'Empire.
La foule se rend, à la suite de Jules Favre, à l'Hôtel de Ville, où la République est proclamée.
Plus d'informations, par exemple sur : http://action-republicaine.over-blog.com/article-12143119.html
mardi 28 août 2007
Dernier discours de Robespierre
Dernier discours de Robespierre
prononcé devant la Convention le 8 Thermidor an II
Citoyens,
Que
d'autres vous tracent des tableaux flatteurs : je viens vous dire des
vérités utiles. Je ne viens point réaliser des terreurs ridicules
répandues par la perfidie ; mais je veux étouffer, s'il est possible,
les flambeaux de la discorde par la seule force de la vérité. Je vais
défendre devant vous votre autorité outragée et la liberté violée.
Je
me défendrai aussi moi-même ; vous n'en serez point surpris ; vous ne
ressemblez point aux tyrans que vous combattez. Les cris de l'innocence
outragée n'importunent point votre oreille, et vous n'ignorez pas que
cette cause ne vous est point étrangère.
Les
révolutions qui, jusqu'à nous, ont changé la face des empires, n'ont eu
pour objet qu'un changement de dynastie, ou le passage du pouvoir d'un
seul à celui de plusieurs. La Révolution française est la première qui
ait été fondée sur la théorie des droits de l'humanité, et sur les
principes de la justice.
[...]
Précy à Lyon, et Brissot à Paris, criaient : Vive la République ! Tous les conjurés ont même adopté, avec plus d'empressement qu'aucun autre, toutes les formules, tous les mots de ralliement du patriotisme. L'Autrichien, dont le métier était de combattre la révolution ; l'Orléanais, dont le rôle était de jouer le patriotisme, se trouvèrent sur la même ligne ; et l'un et l'autre ne pouvaient plus être distingués du républicain.
Précy à Lyon, et Brissot à Paris, criaient : Vive la République ! Tous les conjurés ont même adopté, avec plus d'empressement qu'aucun autre, toutes les formules, tous les mots de ralliement du patriotisme. L'Autrichien, dont le métier était de combattre la révolution ; l'Orléanais, dont le rôle était de jouer le patriotisme, se trouvèrent sur la même ligne ; et l'un et l'autre ne pouvaient plus être distingués du républicain.
La République,
amenée insensiblement par la force des choses et par la lutte des amis
de la liberté contre les conspirations toujours renaissantes, s'est
glissée, pour ainsi dire, à travers toutes les factions : mais elle a
trouvé leur puissance organisée autour d'elle, et tous les moyens
d'influence dans leurs mains ; aussi n'a-t-elle cessé d'être persécutée
dès sa naissance, dans la personne de tous les hommes de bonne foi qui
combattaient pour elle ; c'est que. pour conserver
l'avantage de leur position, les chefs des factions et leurs agents ont
été forcés de se cacher sous la forme de la République.
Ils
ne combattirent pas nos principes, ils les corrompirent ; ils ne
blasphémèrent point contre la révolution, ils tâchèrent de la
déshonorer, sous le prétexte de la servir ; ils déclamèrent contre les
tyrans, et conspirèrent pour la tyrannie ; ils louèrent la République et
calomnièrent les républicains.
Les
amis de la liberté cherchent à renverser la puissance des tyrans par la
force de la vérité : les tyrans cherchent à détruire les défenseurs de
la liberté par la calomnie ; ils donnent le nom de tyrannie à
l'ascendant même des principes de la vérité.
Quand
ce système a pu prévaloir, la liberté est perdue ; il n'y a de légitime
que la perfidie, et de criminel que la vertu ; car il est dans la
nature même des choses qu'il existe une influence partout où il y a des
hommes rassemblés, celle de la tyrannie ou celle de la raison.
Lorsque
celle-ci est proscrite comme un crime, la tyrannie règne ; quand les
bons citoyens sont condamnés au silence, il faut bien que les scélérats
dominent.
(...)
Si
je vous dis aussi quelque chose des persécutions dont je suis l'objet,
vous ne m'en ferez point un crime ; vous n'avez rien de commun avec les
tyrans qui me poursuivent ; les cris de l'innocence opprimée ne sont
point étrangers à vos cœurs ; vous ne méprisez point la justice et
l'humanité, et vous n'ignorez pas que ces trames ne sont point
étrangères à votre cause et à celle de la patrie.
Eh
! quel est donc le fondement de cet odieux système de terreur et de
calomnies ? A qui devons-nous être redoutables, ou des ennemis ou des
amis de la République ? Est-ce aux tyrans et aux fripons qu'il
appartient de nous craindre, ou bien aux gens de bien et aux patriotes ?
(...)
Nous,
redoutables à la Convention nationale ! Et que sommes-nous sans elle ?
Et qui a défendu la Convention nationale au péril de sa vie
(...)
Que
les tyrans de l'Europe osent proscrire un représentant du peuple
français, c'est sans doute l'excès de l'insolence ; mais que des
Français qui se disent républicains travaillent à exécuter l'arrêt de
mort prononcé par les tyrans, c'est l'excès du scandale et de
l'opprobre.
(...)
Partout,
les actes d'oppression avaient été multipliés pour étendre le système
de terreur et de calomnie. Des agents impurs prodiguaient les
arrestations injustes : des projets de finances destructeurs menaçaient
toutes les fortunes modiques et portaient le désespoir dans une
multitude innombrable de familles attachées à la révolution ; on
épouvantait les nobles et les prêtres par des motions concertées ; les
paiements des créanciers de l’état et des fonctionnaires publics étaient
suspendus : on surprenait au Comité de salut public un arrêté qui
renouvelait les poursuites contre les membres de la commune du 10 août,
sous le prétexte d'une reddition des comptes.
Au
sein de la Convention, on prétendait que la Montagne était menacée,
parce que quelques membres siégeant en cette partie de la salle se
croyaient en danger ; et, pour intéresser à la même cause la Convention
nationale tout entière, on réveillait subitement l'affaire de cent
soixante-treize députés détenus, et on m'imputait tous ces événements
qui m'étaient absolument étrangers ; on disait que je voulais immoler la
Montagne ; on disait que je voulais perdre l'autre portion de la
Convention nationale.
On
me peignait ici comme le persécuteur des soixante-deux députés détenus ;
là, on m'accusait de les défendre ; on disait que je soutenais le Marais – c'était l'expression de mes calomniateurs.
(...)
Ah
! certes, lorsque, au risque de blesser l'opinion publique, ne
consultant que les intérêts sacrés de la patrie, j'arrachais seul à une
décision précipitée ceux dont les opinions m'auraient conduit à
l'échafaud, si elles avaient triomphé ; quand, dans d'autres occasions,
je m'exposais à toutes les fureurs d'une faction hypocrite, pour
réclamer les principes de la stricte équité envers ceux qui m'avaient
jugé avec plus de précipitation, j'étais loin, sans doute, de penser que
l'on dût me tenir compte d'une pareille conduite.
J'aurais
trop mal présumé d'un pays où elle aurait été remarquée, et où l'on
aurait donné des noms pompeux aux devoirs les plus indispensables de la
probité ; mais j'étais encore plus loin de penser qu'un jour on
m'accuserait d'être le bourreau de ceux envers qui je les ai remplis, et
l'ennemi de la représentation nationale que j'avais servie avec
dévouement ; je m'attendais bien moins encore qu'on m'accuserait à la
fois de vouloir la défendre et de vouloir l'égorger.
Quoi
qu'il en soit, rien ne pourra jamais changer ni mes sentiments ni mes
principes. A l'égard des députés détenus, je déclare que, loin d'avoir
eu aucune part au dernier décret qui les concerne, je l'ai trouvé au
moins très extraordinaire dans les circonstances ; que je ne me suis
occupé d'eux en aucune manière depuis le moment où j'ai fait envers eux
tout ce que ma conscience m'a dicté,
A
l'égard des autres, je me suis expliqué sur quelques-uns avec franchise
; j'ai cru remplir mon devoir. Le reste est un tissu d'impostures
atroces.
Quant
à la Convention nationale, mon premier devoir, comme mon premier
penchant, est un respect sans bornes pour elle. Sans vouloir absoudre le
crime, sans vouloir justifier en elles-mêmes les erreurs funestes de
plusieurs, sans vouloir ternir la gloire des défenseurs énergiques de la
liberté ni affaiblir l'illusion d'un nom sacré dans les annales de la
révolution, je dis que tous les représentants du peuple dont le cœur est
pur doivent reprendre la confiance et la dignité qui leur convient.
Je
ne connais que deux partis, celui des bons et des mauvais citoyens ;
que le patriotisme n'est point une affaire de parti, mais une affaire de
cœur ; qu'il ne consiste ni dans l'insolence, ni dans une fougue
passagère qui ne respecte ni les principes, ni le bon sens, ni la morale
; encore moins dans le dévouement aux intérêts d'une faction.
Le
cœur flétri par l'expérience de tant de trahisons, je crois à la
nécessité d'appeler surtout la probité de tous les sentiments généreux
au secours de la République.
Je
sens que partout où on rencontre un homme de bien, en quelque lieu
qu'il soit assis, il faut lui tendre la main, et le serrer contre son
cœur, je crois à des circonstances fatales dans la révolution, qui n'ont
rien de commun avec les desseins criminels, je crois à la détestable
influence de l'intrigue, et surtout à la puissance sinistre de la
calomnie.
Je
vois le monde peuplé de dupes et de fripons : mais le nombre des
fripons est le plus petit : ce sont eux qu'il faut punir des crimes et
des malheurs du monde.
(...)
N'ont-ils
pas appelé nos armées " les hordes conventionnelles " ; la révolution
française "le jacobinisme"? Et lorsqu'ils alertent de donner à un faible
individu, en butte aux outrages de toutes les factions, une importance
gigantesque et ridicule, quel peut être leur but, si ce n'est de vous
diviser, de vous avilir, en niant votre existence même, semblables à
l'impie qui nie l'existence de la divinité qu'il redoute ?
Cependant ce mot de dictature
a des effets magiques ; il pétrit la liberté ; il avilit le
gouvernement : il détruit la République ; il dégrade toutes les
institutions révolutionnaires, qu'on présente comme l'ouvrage d'un seul
homme ; il rend odieuse la justice nationale, qu'il présente comme
instituée pour l'ambition d'un seul homme ; il dirige sur un point
toutes les haines et tous les poignards du fanatisme et de
l'aristocratie.
Quel
terrible usage les ennemis de la République ont fait du seul nom d'une
magistrature romaine ! Et si leur érudition nous est si fatale, que
sera-ce de leurs trésors et de leurs intrigues ? Je ne parle point de
leurs armées : mais qu'il me soit permis de renvoyer au duc d'York et à
tous les écrivains royaux les patentes de cette dignité ridicule qu'ils
m'ont expédiées les premiers.
Il
y a trop d'insolence à des rois, qui ne sont pas sûrs de conserver leur
couronne, de s'arroger le droit d'en distribuer à d'autres. Je conçois
qu'un prince ridicule, que cette espèce d'animaux immondes et sacrés
qu'on appelle encore rois, puissent se complaire dans leur bassesse et
s'honorer de leur ignominie ; je conçois que le fils de Georges, par
exemple, puisse avoir regret de ce sceptre français qu'on le soupçonne
violemment d'avoir convoité, et je plains sincèrement ce moderne
Tantale.
J'avouerai
même, à la honte, non de ma patrie. mais des traîtres qu'elle a punis,
que j'ai vu d'indignes mandataires du peuple qui auraient échangé ce
titre glorieux pour celui de valet de chambre de Georges ou de
d'Orléans.
Mais
qu'un représentant du peuple qui sent la dignité de ce caractère sacré,
qu'un citoyen français digne de ce nom puisse abaisser ses vœux
jusqu'aux grandeurs coupables et ridicules qu'il a contribué à
foudroyer, qu'il se soumette à la dégradation civique pour descendre à
l'infamie du trône, c'est ce qui ne paraîtra vraisemblable qu'à ces
êtres pervers qui n'ont pas même le droit de croire à la vertu.
Que dis-je, vertu ?
c'est une passion naturelle, sans doute : mais comment la
connaîtraient-ils, ces âmes vénales, qui ne s'ouvrirent jamais qu'à des
passions lâches et féroces : ces misérables intrigants, qui ne lièrent
jamais le patriotisme à aucune idée morale, qui marchèrent dans la
révolution à la suite de quelque personnage important et ambitieux, de
je ne sais quel prince méprisé, comme jadis nos laquais sur les pas de
leurs maîtres ?
(...)
Ils
m'appellent tyran. Si je l'étais, ils ramperaient à mes pieds, je les
gorgerais d'or, je leur assurerais le droit de commettre tous les
crimes, et ils seraient reconnaissants. Si je l'étais, les rois que nous
avons vaincus, loin de me dénoncer (quel tendre intérêt ils prennent à
notre liberté ! ) me prêteraient leur coupable appui ; je transigerais
avec eux. Dans leur détresse, qu'attendent-ils, si ce n'est le secours
d'une faction protégée par eux, qui leur vende la gloire et la liberté
de notre pays ?
On arrive à la tyrannie par le secours des fripons ; où courent ceux qui les combattent ? Au tombeau et à l'immortalité.
Quel est le tyran qui me protège ? Quelle est la faction à qui j'appartiens ? C'est vous-mêmes.
Quelle
est cette faction qui, depuis le commencement de la révolution, a
terrassé les factions, a fait disparaître tant de traîtres accrédités ?
C'est vous, c'est le peuple, ce sont les principes. Voilà la faction à
laquelle je suis voué, et contre laquelle tous les crimes sont ligués.
C'est
vous qu'on persécute ; c'est la patrie, ce sont tous les amis de la
patrie. Je me défends encore. Combien d'autres ont été opprimés dans les
ténèbres' Qui osera jamais servir la patrie, quand je suis obligé
encore ici de répondre à de telles calomnies ?
Ils
citent comme la preuve d'un dessein ambitieux les effets les plus
naturels du civisme et de la liberté ; l'influence morale des anciens
athlètes de la révolution est aujourd'hui assimilée par eux à la
tyrannie.
Vous
êtes, vous-mêmes, les plus lâches de tous les tyrans, vous qui
calomniez la puissance de la vérité. Que prétendez-vous, vous qui voulez
que la vérité soit sans force dans la bouche des représentants du
peuple français ?
La
vérité, sans doute, a sa puissance ; elle a sa colère, son despotisme ;
elle a des accents touchants, terribles, qui retentissent avec force
dans les cœurs purs, comme dans les consciences coupables, et qu'il
n'est pas plus donné au mensonge d'imiter qu'à Salmonée d'imiter les
foudres du ciel : mais accusez-en la nature, accusez-en le peuple qui le
sent et qui l'aime.
Il
y a deux puissances sur la terre ; celle de la raison et celle de la
tyrannie ; partout où l'une domine, l'autre en est bannie. Ceux qui
dénoncent comme un crime la force morale de la raison cherchent donc à
rappeler la tyrannie.
Si
vous ne voulez pas que les défenseurs des principes obtiennent quelque
influence dans cette lutte difficile de la liberté contre l'intrigue,
vous voulez donc que la victoire demeure à l'intrigue ? Si les
représentants du peuple qui défendent sa cause ne peuvent pas obtenir
impunément son estime, quelle sera la conséquence de ce système, si ce
n'est qu'il n'est plus permis de servir le peuple, que la République est
proscrite et la tyrannie rétablie ?
Et
quelle tyrannie plus odieuse que celle qui punit le peuple dans la
personne de ses défenseurs ? Car la chose la plus libre qui soit dans le
monde, même sous le règne du despotisme, n'est-ce pas l'amitié ?
Source : http://voltaire.republique.over-blog.com/article-6991604.html
Il est possible de retrouver l'évolution de l'usage du terme "Terreur" pendant la décennie révolutionnaire dans cet article de Jacques Guilhaumou disponible sur le site http://revolution-francaise.net, « La terreur à l’ordre du jour » : un parcours en révolution (1793-1794)]
Il est possible de retrouver l'évolution de l'usage du terme "Terreur" pendant la décennie révolutionnaire dans cet article de Jacques Guilhaumou disponible sur le site http://revolution-francaise.net, « La terreur à l’ordre du jour » : un parcours en révolution (1793-1794)]
Inscription à :
Articles (Atom)

